Partenaires

CNRS


Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Accueil du site

Séminaire du LCP

Public profane, public expert

Mardi 18 février 2014 | 09.30-13.00

La mise en scène des messages du public dans les émissions de débat télévisé :
une comparaison France Angleterre

Présentation des travaux de Sheila Perry, Lecturer in French and Francophone Studies (University of Nottingham/LCP) et Gaël Villeneuve, enseignant-chercheur en communication politique (ISCOM/LCP).
Nicolas Kaciaf, Maître de conférences en science politique (IEP de Lille/CERAPS) présidera la discussion.

 

Nombre de places limité. Inscription préalable par mail à communication.politique@cnrs.fr

 

Présentation

Les discours scientifiques sur la politique télévisée s’interrogent assez peu sur le sens qu’y prend la participation électronique des spectateurs. Il paraît en général acquis que ces dispositifs se donnent comme but principal la « démocratisation » du jeu politique. Ainsi, la plupart des chercheurs qui se sont penché sur ces dispositifs ont centré leur attention sur les usages des spectateurs, entendu que c’était à cette aune que l’on saurait dans quelle mesure cette mimesis de la démocratie directe tenait bien ses promesses. Nous proposerons ici les premiers résultats d’un travail en cours visant à démontrer au contraire que les interventions électroniques des spectateurs prennent un sens différent selon les émissions où elles s’insèrent. Que les organisateurs d’émissions politiques à la télévision assignent un rôle à leurs électro-participants : électeur à la participation chiffrée, commentateur humoristique, polémiste, citoyen indigné… la liste est longue, et témoigne de la pluralité d’associations possibles entre les journalistes de ces débats et leurs publics – et parmi eux, celui de ces cyber-commentateurs.

Dans quelle mesure les dispositifs électroniques de participation des spectateurs aux émissions télévises se donnent il pour but de rapprocher les univers sociaux des journalistes et du grand public ? Pour creuser cette question, il nous a semblé utile de comparer l’organisation de ces deux émissions hebdomadaires, intégrant plusieurs invites, relativement populaires tant auprès du public que du microcosme. L’une est française et s’intitule « Mots Croisés », l’autre est britannique et se nomme « Question Time ». L’une et l’autre disposent de dispositifs de participation électronique, dont elles font un usage intégré à leur dramaturgie propre, c’est à dire très différent l’une de l’autre. Nous proposerons l’hypothèse que « Mots Croisés », traditionnellement construit sur une hiérarchisation de la parole publique et donnant une prime nette aux professionnels de la chose, intègre à son émission les seuls extraits de la conversation Twitter qui ressemblent à ce qu’elle offre, et donc à publier les commentaires les plus « talentueux » - selon les critères en vigueur dans le champ journalistique. Et qu’à l’inverse, nous retrouvons dans les usages que les journalistes de « Question Time » font de la parole des lambdanautes une parenté avec la mise en scène de l’émission, supposé représenter l’Agora.

 

Lieu

Institut Pratique du Journalisme de Paris Dauphine
dernier étage
24 rue Saint Georges
75009 Paris

Métro : Le Pelletier (ligne 7) | Notre Dame de Lorette (ligne 12)
Bus : 26, 32, 43, 67 ou 74